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Il nemico dell’uomo nuovo. L’omosessualità nell’esperienza totalitaria fascista

Lorenzo Benadusi omosessualità

Compte rendu

Lorenzo Benadusi, Il nemico dell’uomo nuovo. L’omosessualità nell’esperienza totalitaria fascista, Feltrinelli, 2005.

Genre, sexualité & société, n° 1, printemps 2009

L’Ennemi de l’homme nouveau. L’homosexualité dans l’expérience totalitaire fasciste, tel est le titre de l’ouvrage que l’historien Lorenzo Benadusi publia il y a quatre ans déjà en Italie et qui, hélas, n’a pas encore trouvé d’éditeur francophone. Situation d’autant plus dommageable que, en dépit des travaux pionniers de George L. Mosse, dont Benadusi lui-même dit être le point d’achoppement (nécessitant, certes, unaggiornamento) pour une étude de la sexualité et de la masculinité au temps du fascisme, ce livre constitue une première du genre dans le milieu universitaire. Le contexte académique italien actuel ne présente pas, contrairement à la situation française en pleine éclosion, un panorama d’études sur la sexualité et sur le genre (mais surtout sur la sexualité) particulièrement florissant. S’il est vrai que la tradition militante italienne, lesbi-gay notamment, s’emploie depuis presque trente ans à la mise à disposition de fonds documentaires d’une étonnante richesse, et contribue, par ce biais, à susciter toute sorte de vocations historiennes, il n’en reste pas moins qu’un travail méthodique et rigoureux sur les archives d’État, les archives policières, les archives privées (dont les documents biographiques), restait à faire.

2Et c’est bien le mérite de Benadusi que de s’être engagé dans une entreprise, à vrai dire, doublement périlleuse puisqu’elle se situe dans une sorte d’entre-deux, entre champ militant et champ universitaire. Comme le montre clairement le très vaste système de notations et une bibliographie particulièrement fournie, Benadusi jongle en permanence (tantôt pour s’en détacher, tantôt pour y adhérer) entre, du côté militant, la rigidité heuristique d’hypothèses tendant plutôt à mettre en évidence l’appareillage répressif déployé par les institutions du régime fasciste et, du côté universitaire, la nonchalance (quelque peu suspecte) d’hypothèses visant à privilégier l’analyse institutionnelle et, donc, à négliger ou à sous-estimer l’existence d’une « question homosexuelle ». Car, malgré « l’absence d’un article de loi spécifique sur le « délit » d’homosexualité » (p. 124), question homosexuelle il y a.

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