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Penser le savoir queer avec et sans Foucault

Michel Foucault

Atelier Genre(s) et Sexualité(s) de l’Institut de Sociologie de l’Université Libre de Bruxelles

12 novembre 2013 / 18h-20h

Au moment où elle irrigue les espaces académiques en études genre et sexualité, la théorie queer est souvent considérée comme l’héritage laissé par Michel Foucault, et notamment par ces réflexions sur le sujet et le pouvoir. Pourtant, une généalogie de la théorie queer en tant que « politique de l’expérience » reste encore à faire. Autrement dit, si la voie foucauldienne du queer a été et est encore très amplement discutée et travaillée, la voie expérientielle du queer telle que formulée dans les productions politiques et poétiques de Guy Hocquenghem, Mario Mieli, Monique Wittig et Teresa de Lauretis, notamment, demeure une région inexplorée des études sur le genre et la sexualité. Comment alors saisir la mise en discours du queer comme expérience?
Entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, en pleine épidémie du sida, un groupe de personnes soucieuses de faire œuvre de témoignage et de mémoire historiques lance une grande enquête nationale en Grande Bretagne, la National Lesbian & Gay Survey. Cette enquête (N=250) a permis de recueillir des documents autobiographiques et réflexifs particulièrement riches de gays et de lesbiennes produisant un savoir ancré dans l’expérience et le vécu de leur homosexualité. Ces discours donnent à voir une forme expérientielle d’un savoir qui se définit alors comme queer et qui ouvre sur une autre histoire de la théorie queer. Il s’agira ici, dans une approche généalogique de saisir le fondement expérientiel du queer, avec et sans Foucault.

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