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« Pas de grand mouvement, plutôt une mouvance ».

Association Française de Sociologie

La construction communautaire du militantisme LGBT

RT 28 « Recherches en sciences sociales sur la sexualité » / Congrès de l’Association Française de Sociologie – Nantes –

du 2 au 5 septembre 2013

Résumé de la communication: 

Dans un article pionnier, Michael Pollak (1982) constate l’existence en France d’espaces homosexuels ne se réduisant ni à une logique purement commerciale, ni à une logique exclusivement militante, mais renvoyant plutôt à des pratiques identitaires traversées par des logiques croisées. Les travaux sur la lutte contre le sida (Pinell, 2002 ; Broqua, 2006) ont permis de mettre en évidence la construction et la structuration d’un « champ de l’homosexualité » dans les années 1980 et 1990. Or, le terreau communautaire sur lequel se sont construites les mobilisations homosexuelles demeure invisibilisé par une focalisation sur les revendications en termes de droits et par une difficulté épistémique à étudier des pratiques militantes considérées comme stigmatisantes. La création massive dans tout le territoire français de lieux associatifs gais et lesbiens, entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, constitue une rupture avec la politique « traditionnelle » et la concrétisation d’une politique de l’homosexualité. À partir d’une recherche doctorale basée sur des matériaux d’archives (journaux et documents associatifs), cette communication montrera que l’espace du militantisme LGBT – tel qu’il s’est révélé à l’occasion des mobilisations en faveur du « mariage pour tous » – ne se réduit pas à un « mouvement » homogène et unitaire, mais prend plutôt la forme d’un archipel géographique et politique, résultat de pratiques militantes et d’une construction communautaire contextuelle et locale.

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